Cyclisme. Émilien Jacquelin : « Préserver le lien précieux avec l’équipe de France qui me tient à cœur »

Cyclisme. Émilien Jacquelin : « Préserver le lien précieux avec l’équipe de France qui me tient à cœur »

Quelques jours après avoir bouclé le Tour du Limousin sous les couleurs de Decathlon CMA CGM, Émilien Jacquelin s’apprête à vivre une première inédite. Ce lundi, à Tarente, il portera pour la première fois le maillot de l’équipe de France de cyclisme sur route lors des Jeux méditerranéens. Une échéance chargée de sens pour le biathlète de 31 ans, qui voit dans cette sélection une façon de préserver ce lien précieux avec le collectif tricolore.

Seul Français engagé sur la course en ligne, l’Isérois aborde l’épreuve avec ambition et humilité. Entre récupération soignée et envie d’apprendre, il raconte sa préparation et ses objectifs dans une interview qu’il a accordée à nos confrères de la presse régionale.

Émilien Jacquelin, un champion olympique en reconquête sur le vélo

Champion olympique de biathlon par équipe à Milan-Cortina en 2026, Émilien Jacquelin a surpris son monde en se lançant dans l’aventure du cyclisme professionnel. Après des semaines d’entraînement intense et une première expérience sur le Tour du Limousin, le voici projeté sous les projecteurs des Jeux méditerranéens. Une nouvelle étape dans une carrière déjà riche, marquée par cinq titres mondiaux et une médaille d’or olympique.

« Ça va plutôt bien », confie-t-il au sujet de sa récupération après le Limousin. « J’ai fait un peu de décrassage dimanche matin. Autant les jambes étaient un peu dures samedi entre le voyage et les derniers jours de course, mais là, j’ai l’impression que ça rentre dans le bon ordre. Physiquement, ça devrait aller. » Une déclaration rassurante à quelques heures du départ.

Une sélection naturelle pour les Jeux méditerranéens

La genèse de cette participation tient en quelques mots : « Cette idée est venue assez naturellement, cela s’est fait en accord entre le CNOSF et la Fédération française de cyclisme. » Une collaboration qui a permis d’aligner un représentant tricolore sur la course masculine. Une présence symbolique, puisqu’il n’était pas prévu au départ que des coureurs français prennent part à l’épreuve.

Pour Émilien Jacquelin, ce choix dépasse le simple cadre sportif. « Je pense que je porte les valeurs de l’olympisme depuis que j’ai fait les FOJE en 2013 puis sur trois olympiades. C’est toujours avec honneur que j’ai pu porter les couleurs de la France. » Une passion sportive qui l’anime depuis l’adolescence et qui se prolonge aujourd’hui sur la route.

Préserver le lien précieux avec l’équipe de France

Si la performance compte, l’aspect affectif n’est pas à négliger. « Pour moi, c’est aussi la possibilité de garder le lien avec ce groupe France qui m’est cher dans ma carrière et qui sera peut-être encore le cas en 2030. » Une phrase qui en dit long sur l’attachement du coureur au maillot bleu. Ce dévouement au collectif, il l’a déjà prouvé à maintes reprises en biathlon, où il a toujours mis l’équipe au centre de ses priorités.

Cette sélection lui permet aussi de jouer un rôle d’ambassadeur. « Je suis content de pouvoir être un ambassadeur de ces valeurs-là, du monde de l’hiver qui vient dans le milieu des sports d’été. Toutes ces symboliques ont fait que c’était chouette de pouvoir participer aux Jeux méditerranéens. » Une passerelle inédite entre deux disciplines, entre deux mondes sportifs.

Le vélo comme nouveau terrain d’expression

Après des années passées à dompter les pistes de biathlon, Émilien Jacquelin découvre les joies de la route. Un changement de discipline qui n’a rien d’anodin. Le biathlète s’était déjà illustré lors de ses débuts chez Decathlon CMA CGM, notamment sur la Polynormande, où il avait pris le départ avec l’envie de découvrir. Une première expérience concluante qui l’a conforté dans son choix.

« J’ai envie de continuer à me développer, de jouer aux avant-postes et peser sur la course », annonce-t-il. Une ambition claire pour celui qui veut désormais exister dans le peloton professionnel. Et quoi de mieux qu’une course sous les couleurs nationales pour se révéler ?

Seul Français engagé : une opportunité tactique à saisir

Être seul représentant tricolore sur une course, c’est à la fois une pression et une liberté. Émilien Jacquelin en a conscience : « La configuration de course va surtout dépendre des autres et pas de moi. Je pense notamment à l’Italie ou l’Espagne, qui ont un effectif de quatre coureurs. » Une donnée qui change la donne tactique.

Le parcours de Tarente, avec ses reliefs et son humidité, pourrait sourire à ceux qui osent. « Je vais essayer de suivre les coups et peut-être faire la différence un peu tard dans le circuit », avance-t-il. Un brin de malice dans un discours déjà bien rodé.

Un parcours exigeant dans les Pouilles

La reconnaissance effectuée dimanche matin a livré ses enseignements. « Avec l’humidité et la chaleur dans les Pouilles, cela peut rendre la course difficile », prévient le coureur. Les conditions s’annoncent donc éprouvantes, mais le terrain de jeu lui plaît.

Voici les points clés du circuit selon Émilien Jacquelin :

  • 🚴 Une première partie vallonnée, exposée au vent, qui pourrait déjà faire un premier tri.
  • ⛰️ Une section plus accidentée avec environ 1 000 mètres de dénivelé positif sur 60 kilomètres, usante pour les organismes.
  • 💨 Une descente vers Tarente et sa vallée avec probablement du vent de face sur les 30 derniers kilomètres.
  • 🏁 Une arrivée qui pourrait sourire aux attaquants, à condition d’avoir économisé des forces.

Un tracé qui rappelle au champion olympique ses années de course amateur, lorsqu’il était souvent seul représentant de son club. « Je vois à peu près à quoi cela va ressembler. C’est une nouvelle expérience. » Une philosophie positive qui lui permet d’aborder l’échéance sans pression excessive.

Objectif médaille pour le collectif tricolore

Malgré son statut de rookie sur la route, Émilien Jacquelin ne cache pas ses ambitions. « On est aux Jeux méditerranéens, l’objectif est de représenter la France du mieux possible, comme pour les Jeux olympiques d’hiver, donc il faut être ambitieux et aller chercher une médaille pour le collectif. » Une déclaration qui résume parfaitement son état d’esprit : celui d’un sportif d’élite habitué aux podiums, qui ne se contente jamais d’une participation.

Cette philosophie, il la doit à ses années de biathlon, où l’esprit d’équipe et l’engagement ont toujours primé. Des valeurs qu’il entend bien transposer sur le vélo. « Je serai là pour aider l’équipe », répète-t-il volontiers, même lorsqu’il est seul en lice. Une preuve supplémentaire de son attachement au collectif.

Un avenir à double carrière entre biathlon et cyclisme

Cette parenthèse cycliste ne signifie pas pour autant un adieu au biathlon. Émilien Jacquelin l’a répété à plusieurs reprises : le ski reste son cœur de métier. Mais cette incursion dans le monde de la petite reine lui offre un second souffle, une nouvelle source de motivation. Les deux disciplines se nourrissent l’une l’autre, tant sur le plan physique que mental.

À 31 ans, le Grenoblois d’origine prouve qu’il est possible de se réinventer. Sa sélection aux Jeux méditerranéens de Tarente en est la plus belle illustration. Il portera ce lundi les couleurs de la France avec la même ferveur que sur les pistes de biathlon. Une histoire de préservation : celle d’un lien tissé depuis l’adolescence avec le maillot bleu, et que rien ne semble pouvoir défaire.

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