Et si l’on troquait les nymphéas de Giverny pour les terrils du bassin minier ? Le New York Times a tranché : Lens, à 1 h 10 de TGV de Paris, est l’escapade idéale pour une journée hors des sentiers battus. Cette ancienne cité minière de 30 000 habitants, souvent réduite à ses clichés, cache un patrimoine étonnant et une scène culturelle vivante.
Le charme insoupçonné de Lens opère dès la sortie de la gare. Un musée de renommée internationale, des collines noires chargées d’histoire et des façades Art déco : de quoi donner envie de s’évader de la capitale pour un voyage différent. Voici pourquoi cette destination mérite une place de choix dans vos prochains week-ends.
Lens plutôt que Giverny : les raisons d’un choix étonnant
Giverny attire chaque année des flots de visiteurs venus admirer la maison de Monet. Lens, elle, reste discrète. C’est justement cet équilibre qui séduit. Le Louvre-Lens, ouvert en 2012, présente des chefs-d’œuvre du Louvre dans un bâtiment de verre et d’acier signé par les architectes japonais Sanaa. L’entrée aux collections permanentes est gratuite, un avantage de taille à l’heure où les tarifs des musées parisiens s’envolent.
Annabelle Ténèze, directrice de l’établissement, résume l’esprit du lieu : « Les Américains peuvent s’imaginer un musée dans une ville industrielle comme Detroit, avec la créativité architecturale du Guggenheim et une collection digne du Met. » Une comparaison osée, mais qui donne le ton. Ici, pas de cohue, on déambule à son rythme entre des œuvres majeures, de la Renaissance au XIXᵉ siècle.
Une journée entre culture, mémoire et grands espaces
Le Louvre-Lens, un musée à taille humaine
La Galerie du Temps aligne les œuvres dans une chronologie continue : on suit l’histoire de l’art sans jamais se perdre. Les expositions temporaires, comme celle consacrée aux Mille et Une Nuits en 2025, attirent un public varié. Pour les familles, des parcours ludiques sont prévus, et les enfants repartent avec des étoiles plein les yeux, loin de la frénésie des grandes institutions.
Les terrils de Loos-en-Gohelle, une randonnée au sommet
À quelques minutes de Lens, les terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle dévoilent un panorama spectaculaire sur le bassin minier. Ces collines coniques formées par les déblais des mines culminent à près de 100 mètres. L’ascension prend une vingtaine de minutes et récompense les visiteurs par une vue à 360 degrés. On comprend alors pourquoi l’UNESCO a classé ce paysage au patrimoine mondial.
Le site est aussi un lieu de mémoire. Les anciennes fosses, les chevalements et les corons racontent l’histoire d’une région marquée par l’industrie charbonnière. Une randonnée ici n’est pas qu’une simple marche ; c’est un voyage dans le temps, entre nature et passé ouvrier.
Le centre-ville et son patrimoine Art déco
Revenons à Lens. Le centre-ville surprend par son méli-mélo architectural : des maisons traditionnelles du Pas-de-Calais côtoient des immeubles Art déco construits pendant la reconstruction des années 1920. La mairie, la salle des fêtes et les anciens grands magasins témoignent de cette époque. Les amateurs de patrimoine flâneront avec plaisir autour de la place Jean Jaurès.
Voici quelques étapes à ne pas manquer lors d’une première visite :
- 🚆 Le Louvre-Lens et sa Galerie du Temps
- ⛰️ L’ascension des terrils jumeaux de Loos-en-Gohelle
- 🏛️ Le centre-ville et ses façades Art déco
- 🍟 Dégustation de frites dans une friterie locale
- 🕊️ Les sites mémoriels de la Première Guerre mondiale à proximité
Ajoutons une étape historique. À quelques kilomètres, le mémorial de Vimy et le musée de la Targette rappellent les combats de 1914-1918. Lens se situe au cœur de la zone des batailles, et les stèles, les cimetières militaires et les tranchées reconstituées offrent un recueillement nécessaire. Pour les passionnés d’histoire, cette dimension ajoute une profondeur rare à l’excursion.
Lens, une destination qui séduit jusqu’aux Américains
L’article d’Elaine Sciolino dans le New York Times, publié en octobre 2025, a fait réagir. La journaliste y raconte comment elle emmène ses amis de passage à Paris à Lens, une « escapade parfaite » selon elle. Le quotidien américain, fort de ses 2 000 journalistes et de ses 13 millions d’abonnés à la fin 2025, a donné à la ville une visibilité internationale. Les Lensois ont accueilli cette publicité avec fierté, eux qui souffrent parfois d’une image réductrice.
Cette reconnaissance n’est pas anodine. Elle replace Lens sur la carte du tourisme, aux côtés de destinations plus connues comme Arras ou Lille. Les retombées se mesurent en fréquentation : le Louvre-Lens a vu ses chiffres progresser depuis la parution de l’article. Pour les visiteurs, c’est l’occasion de découvrir une région en pleine reconversion, où l’accueil est sincère et les prix doux.
Organiser son escapade à Lens : conseils pratiques
Pour profiter pleinement de la journée, un départ tôt le matin est conseillé. le train dessert la gare de Lens depuis Paris en 1 h 10. Une fois sur place, la navette « Bulle » relie le centre-ville au Louvre-Lens en quelques minutes. Pour les plus sportifs, la marche est tout à fait envisageable : le musée se trouve à environ 2 km de la gare.
La ville a également développé des circuits touristiques thématiques. Les amateurs de patrimoine industriel choisiront le circuit « Mémoire de mines » ; les familles préféreront le sentier des terrils, accessible aux enfants. Et pour ceux qui souhaitent prolonger l’expérience, un week-end permet de combiner Lens, Arras et le parc de la Scarpe-Escaut.
Un détail qui compte : la gastronomie locale. Les friterie du Nord sont une institution, et Lens compte plusieurs adresses réputées. On peut citer la friterie « Chez Momo » ou les bars à bières du centre. Une halte gourmande s’impose, pour accompagner la découverte culturelle.
Qu’on vienne de Paris, de Mulhouse ou d’ailleurs, Lens démontre que l’histoire et la culture savent se réinventer. Le charme insoupçonné de cette ville opère dès la sortie de la gare. Une raison de plus pour s’évader de la capitale le temps d’un voyage authentique.

Journaliste de terrain, Léna couvre Mulhouse depuis dix ans. Elle connaît la ville quartier par quartier, du centre historique au Nouveau Bassin. Sa spécialité : dénicher les bonnes adresses avant tout le monde.