À 23 ans, Abel Le Fur prouve que le handicap n’entrave pas ses ambitions en représentant fièrement la Bretagne

À 23 ans, Abel Le Fur prouve que le handicap n’entrave pas ses ambitions en représentant fièrement la Bretagne

Son sourire ne le quitte pas, même quand il évoque les obstacles. Abel Le Fur, 23 ans, a été élu Mister Handi Bretagne 2026 en mai dernier. Une consécration pour ce Breton installé à Brest, qui veut prouver que le handicap ne freine pas les ambitions. Portrait d’un jeune homme déterminé à porter haut les couleurs de sa région. 🌟

Abel Le Fur, un parcours forgé par la persévérance

Abel Le Fur est né au Mali avant d’arriver en France à l’âge de trois mois, puis de grandir à Plouvien, dans le Finistère. Souffrant d’une tétraplégie incomplète, il se déplace aujourd’hui en fauteuil roulant motorisé. Mais ce qui frappe d’abord chez lui, c’est son énergie.

Étudiant en réorientation vers un BTS communication, ce jeune homme de 23 ans a toujours refusé de se laisser enfermer dans son handicap. Adepte du théâtre et des prises de parole en public, il confie : « Je suis habitué à monter sur scène, c’est là que je me sens bien pour montrer que le handicap n’est pas un frein à ma vie. »

De Plouvien à Brest : un engagement au quotidien

Installé à Brest pour ses études, Abel Le Fur constate chaque jour les limites d’accessibilité de sa ville. Il le dit sans colère, mais avec une envie palpable de faire bouger les choses : « Je me rends compte qu’à Brest, il y a énormément d’endroits où je ne peux pas aller. Les bars, les boîtes de nuit, les salles de concert… Pourquoi les lieux nous limitent dans nos activités quotidiennes ? »

Le jeune homme mentionne notamment l’impossibilité d’assister à des concerts au Vauban. Un manque d’inclusion qu’il vit comme une injustice silencieuse. Pour lui, chaque espace public devrait être pensé pour tous, sans distinction. Son combat : faire évoluer les mentalités et les infrastructures, en commençant par donner l’exemple.

Mister Handi Bretagne : une victoire pour la représentation

Quand Abel Le Fur apprend l’existence du concours Mister Handi France, il hésite. Puis cette année, il lance sa candidature. Le 12 mai, le soir de son élection, il ressent une immense fierté. Une fierté qu’il partage volontiers : « On n’est pas différents des personnes dites normales. On a aussi des rêves de petits garçons et de petites filles. »

En devenant Mister Handi Bretagne 2026, il ne s’agit pas que d’un titre honorifique. C’est une véritable mission de représentation. Le concours, créé en 2013, met en lumière les personnes porteuses d’un handicap, visible ou invisible. Cette année, ils sont cinq finalistes masculins et féminins à défendre leur région. L’an dernier, la Bretonne Manon Le Noir avait été sacrée Miss Handi France 2025. Cette année, aucune candidate bretonne ne concourt, mais Abel compte bien marquer les esprits.

Un concours exigeant, une préparation sérieuse

Prétendre au titre national demande du travail. Entre la recherche de tenues, la répétition d’une chorégraphie, la rédaction d’un discours et les séances photo, Abel Le Fur se prépare activement. Passionné par la mode, il aborde cet exercice avec un enthousiasme communicatif.

Il cherche d’ailleurs des financements pour le voyage vers le Creusot, où se tiendra la finale nationale le 5 septembre. Une démarche qu’il partage sur ses réseaux sociaux, où il documente son aventure. Pour lui, cette visibilité est essentielle : « Mon projet, c’est d’apporter de la visibilité aux jeunes porteurs de handicap. Pour dire aux gens que, même si on est handicapé, on peut étudier, voyager, sortir. Malgré les difficultés, les limites sont dans la tête. »

  • 🎭 Prise de parole en public et théâtre pour gagner en aisance
  • 👗 Recherche de tenues adaptées aux défilés et photos officielles
  • 💃 Répétition d’une chorégraphie pour la prestation scénique
  • 📱 Partage quotidien sur les réseaux sociaux pour mobiliser le public
  • 🤝 Recherche de sponsors et financements pour couvrir les frais de déplacement

Vers la finale nationale : un rêve à portée de main

Le 5 septembre, au Creusot, en Saône-et-Loire, Abel Le Fur représentera la Bretagne face aux autres candidats régionaux. Peu importe le résultat, il l’affirme : « On est là pour s’amuser et défendre nos droits. Et comme je l’ai appris d’autres personnes, on a déjà gagné parce qu’on a tous un titre régional. »

Une philosophie qui résume bien l’état d’esprit du jeune homme. Son aventure ne fait que commencer, et ses ambitions sont grandes. Travailler dans la mode, continuer à porter la parole des personnes handicapées, et prouver que la détermination peut tout surmonter. Abel Le Fur incarne cette génération qui refuse les cases, qui avance malgré les obstacles et qui transforme chaque défi en opportunité.

Pour continuer à suivre son parcours et le soutenir avant la finale, ses réseaux sociaux sont régulièrement alimentés avec les coulisses de cette aventure nationale. Une chose est sûre : quel que soit le résultat, Abel Le Fur a déjà marqué les esprits.

De Brest au Creusot, le trajet est long, mais l’énergie est là. Et c’est porté par la fierté d’être Breton et par la conviction profonde que l’inclusion se construit chaque jour, qu’Abel Le Fur écrit aujourd’hui, à 23 ans, une nouvelle page de son histoire. Une histoire qui pourrait bien inspirer bien au-delà des frontières de la Bretagne.

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